La Flûte et le grelot

flute-et-grelot-dvd-films-paradoxe-chineChine – 2011 – 42 mn, courts métrages de divers réalisateurs

sans parole, à partir de 4 ansflute et grelot

La Flûte du bouvier de Te Wei et Qian Jiajun – 1963

Juché sur son buffle un enfant joue de la flûte. Il s’endort et rêve

Le Grelot du faon de Tang Cheng et Wu Quiang – 1982igrelot du faon

Un faon, recueilli par une petite fille, partage sa vie et ses jeux. Il grandit et doit retourner à la vie sauvage.

Les ateliers d’art des studios d’animation de Shanghai nous offrent deux contes enchanteurs … Idéal pour nos tout-petits !

Portrait_de_TE_WeiTe Wei (1915-2010) est un illustrateur et réalisateur de cinéma d’animation chinois ayant travaillé aux Studios d’Art de Shanghai. Il prouve qu’il est possible d’appliquer la peinture traditionnelle chinoise au cinéma d’animation. À la fin des années 1950, dans une extraordinaire atmosphère d’émulation et d’enthousiasme, Te Wei met au point, en collaboration avec beaucoup d’autres … un genre de film tout à fait original : le « lavis animé » qui parvient à animer l’oeuvre du grand peintre QI Baishi (Les Têtards à la recherche de leur maman). A priori, filmer image par image la peinture chinoise semble un pari impossible car tandis que l’encre n’imbibe jamais de la même façon le papier en fibre de mûrier, jamais le pinceau dans la main du peintre ne refait deux fois un trait identique. On n’a pas fini de s’interroger sur les prouesses artistiques et techniques qui ont permis de réaliser les « lavis animés », mais c’est un secret jalousement gardé !

Qian_Jiajun_Au_travail_dans_les_annees_1950 Qian Jiajun est l’un des grands maîtres du cinéma chinois d’animation. Il est né en 1916 à Wujiang dans le Jiangsu, et s’est affirmé très tôt comme un peintre de talent. En 1935, il sort diplômé de l’Ecole d’art et de technologie de Suzhou. En 1937, au début de la guerre, il part pour Chongqing et là, fasciné par le cinéma, entre au Studio du film d’animation éducatif. Avec des amis de son école de Suzhou réfugiés là comme lui, il réalise un court métrage d’animation de 20 minutes qui prône l’esprit de résistance contre l’envahisseur : La joie des paysans. Le film est perdu mais il a eu un immense succès pendant la guerre.

En 1948, Qian Jiajun entre aux Studios du Nord-est, puis, à l’avènement de la République populaire, revient dans son école à Suzhou pour enseigner l’animation.

En 1953, il entre comme réalisateur et directeur technique dans l’équipe d’animation des Studios de Shanghai. C’est là que, en 1955, il réalise avec Li Keruo le premier dessin animé chinois en couleur,  Pourquoi le corbeau est noir. L’année suivante, le film est couronné du prix d’honneur au Festival du film pour la jeunesse de Venise.

En 1956, il est directeur artistique du dessin animé Le Général fanfaron réalisé par Te Wei. Puis, en 1957, à leur fondation, il entre comme réalisateur et directeur artistique aux Studios d’art de Shanghai. Il réalise deux dessins animés, le premier de 11 minutes, en 1957, Arracher le navet, le second de 50 minutes, en 1959, Un brocart Zhuang, résultat d’une superbe recherche graphique sur les paysages.

En 1960, il est directeur artistique du premier lavis animé chinois réalisé par Te Wei, un court métrage de 15 minutes qui a la fraîcheur d’un lavis traditionnel aux couleurs délicates : Les Têtards à la recherche de leur maman. L’idée initiale est venue d’A Da qui s’était demandé si on ne pourrait pas « animer » des lavis de Qi Baishi représentant des animaux, qu’il aimait beaucoup.

Puis, en 1963, Qian Jiajun coréalise avec Te Wei le lavis animé La Flûte du bouvier qui se déroule dès le générique comme un rouleau de peinture de paysage, comme un conte dans la brume, mais sur un scénario tellement minimal que le film devient une abstraction, de l’art pur. Le film marque l’apogée de la période, avant le coup d’arrêt de la Révolution culturelle. Dans le climat d’ouverture du début des années 1980, Qian Jiajun reprend un projet qui lui était cher, et coréalise avec son élève Dai Tielang un lavis animé de 25 minutes adapté d’une fresque de Dunhuang illustrant un jataka (ou récit des vies antérieures du Bouddha Çakyamuni) : Le Cerf aux neuf couleurs, achevé en 1981. Le dessin animé commence d’ailleurs par une référence à la fresque, comme si celle-ci s’animait soudain.

 A partir de 1983, Qian Jiajun se consacre à l’enseignement et meurt à 95 ans, en 2011. Il reste comme l’un des plus grands maîtres du cinéma d’animation chinois des années 1950 et 1960, son âge d’or.

Studios_Shanghai_Te_Wei_en_1962 

 

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