Gosses de Tokyo

artoff78Japon – 1932 – 1h40, de Yasujiro Ozu avec Tatsuo Saito, Tomio Aoki, Hideo Sugawara, Tokkan Kozo, Mitsuko Yoshikawa. Sans paroles

Un employé s’installe avec sa famille dans la banlieue de Tokyo afin d’habiter près de son patron. Ses deux garçons, Keiji et Ryochi, victimes de brimades par la bande des gosses du quartier, font l’école buissonnière. Réprimandes des adultes, incompréhension face à l’attitude soumise de leur père envers son patron, ils décident alors d’entamer une grève de la faim en signe de protestation… Ce dernier film muet de Ozu frappe par sa maîtrise du burlesque mêlée à un sens aigu de l’observation.

ozuYasujiro OZU est né en 1903 à Tokyo. Il passe la majeure partie de son enfance et adolescence à Matsusaka, près de Nagoya. Il y découvre le cinéma, en particulier le cinéma hollywoodien, pour lequel il se passionne. Il se rend alors régulièrement à Nagoya pour voir les films de Chaplin, Murnau, ou Lubitsch, qu’il considère rapidement comme son réalisateur préféré. En 1923, après avoir échoué à l’examen d’entrée de l’Ecole Supérieure de commerce de Kobe, Ozu se fait engager comme assistant opérateur. Rapidement, il devient assistant réalisateur et réalise son premier film Zange no yaiba (Le Sabre la Pénitence), pour lequel il travaille avec le scénariste Kôgo Noda, marquant ainsi le début d’une longue et fructueuse collaboration. Mais la guerre civile ayant éclaté, Ozu est incorporé dans l’armée japonaise et se voit dans l’impossibilité de finir son film.

De retour de la guerre, il se lance dans la réalisation de films. Influencé par le modèle américain et le cinéma européen, il débute sa carrière par des comédies : Kabocha (La Citrouille), 1928. Très vite, son style devient de plus en plus personnel (Kaishain Seikatsu, (La vie d’un employé de bureau), 1929), même si les influences américaines sont toujours fortement présentes. De manière subtile, Ozu parvient à diffuser un message contestataire à travers ses comédies sociales, comme dans Tokyo no gassho (Chœur de Tokyo,1931) qui porte sur un fonctionnaire qui sombre dans la misère. Bien que le cinéma soit devenu parlant, Ozu préfère tourner des films muets, et fait du rapport entre les parents et les enfants son thème de prédilection. Au fil des années, il parvient à se libérer de ses influences occidentales et préfère un cinéma essentiellement composé de longs plans fixes aux mouvements d’appareils et aux effets de montage, et choisit de filmer à la hauteur de ses personnages, comme dans Otona no miru ehon umarete wa mita keredo (Gosses de Tokyo), 1932.

C’est en 1935 qu’il se lance dans le parlant, et propose ainsi Hitori musuko (Le fils unique) en 1936. L’année suivante, il est mobilisé par l’armée et sert durant plusieurs mois en Chine. Il réussit cependant à réaliser Todake no kyodai (Les Frères et sœur Toda) en 1941, qui rencontre un grand succès auprès du public. En 1943, on lui confie la réalisation d’un film de propagande à Singapour, pour lequel il ne tourne que quelques plans car la capitulation est inévitable. Il est fait prisonnier à Singapour et ne pourra rentrer au Japon qu’en 1946. A son retour, il revient sur le devant de la scène avec entre autre Nagaya Shinshiroku (Récits d’un propriétaire, 1948), puis en 1949 avec Banshun (Printemps tardif). Ce film lui permettra d’acquérir une certaine réputation internationale.

Jusqu’en 1963, Ozu réalise une série de films qui témoigne de sa sensibilité et de sa mise en scène formelle et poétique, dont Tokyo monogatari (Voyage à Tokyo, 1953), que l’on situe parmi ses chefs d’œuvre. En 1958, Ozu tourne son premier film en couleurs,  Higanbana (Fleurs d’équinoxe), et décide de poursuivre cette expérience pour ses derniers films : Ohayo (Bonjour, 1959), Ukikusa (Herbes flottantes, 1959), Akibiyori (Fin d’automne, 1960), Kohayagawake no aki (Dernier caprice, 1961) et Sanma no aji (Le goût du saké, 1962). Dans ces dernières œuvres empreintes de mélancolie, qui ont contribué au succès planétaire du cinéaste, Ozu s’attache à mettre en évidence la destruction du système familial japonais face à l’évolution des mœurs.

Il meurt en 1963, laissant derrière lui une filmographie remarquable, qui a fait de lui l’un des cinéastes japonais les plus admirés.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE :

1927 : Zange no yaiba (Le Sabre de pénitence) 1928 : Kabocha (La Citrouille)

1929 : Kaishain Seikatsu (La Vie d’un employé de bureau)

1930 : Erogami no onryo (L’Esprit vengeur d’Éros) 1931 : Tokyo no gassho (Chœur de Tokyo)

1932 : Otona no miru ehon umarete wa mita keredo (Gosses de Tokyo)

1935 : Tokyo no yado (Une Auberge à Tokyo) 1936 : Hitori musuko (Le Fils unique)

1941 : Todake no kyodai (Les Frères et Sœur Toda) 1947 : Nagaya Shinshiroku (Récit d’un propriétaire)

1948 : Kaze no naka no mendori (Une Poule dans le vent) 1949 : Banshun (Printemps tardif)

1952 : Ochazuke no aji (Le Goût du riz au thé vert) 1953 : Tokyo monogatari (Voyage à Tokyo)

1956 : Soshun (Printemps précoce) 1958 : Higanbana (Fleurs d’équinoxe)

1959 : Ohayo (Bonjour) 1959 : Ukikusa (Herbes flottantes)

1960 : Akibiyori (Fin d’automne) 1961 : Kohayagawake no aki (Dernier Caprice)

1962 : Sanma no aji (Le Goût du saké)

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